Témoignage

Lettre pour mes amis : Comment j’ai rencontré Dieu… 

Je suis né en 1942 à Bègles en Gironde dans une famille de petit artisan-commerçant charcutier comprenant 6 enfants  (4 filles et 2 garçons). J’ai eu une vie familiale assez agitée car les disputes étaient fréquentes entre les parents, et cela m’a beaucoup affecté tant sur mon émotivité que sur ma santé. Heureusement l’amour que je recevais de ma mère et de mes 5 frères et sœurs arrivait à compenser le déficit de paix qui manquait à la maison.

Petit, j’observais beaucoup les adultes qui gravitaient autour de moi que ce soit dans ma famille, le voisinage ou à l’école. Les choses concrètes m’intéressaient et en grandissant , je suis devenu très bricoleur. A l’école et plus tard au lycée Michel Montaigne de Bordeaux, j’étais bon élève avec « peu de travail ». J’avais de bonnes dispositions pour la musique, aussi mes parents m’ont fait apprendre l’accordéon dont je joue quelquefois encore…

A 12 ans j’ai fait ma communion solennelle qui en fait a été ma dernière communion… Mes dispositions plutôt pratiques et techniques m’écartaient de plus en plus des choses spirituelles, et c’est avec une certaine fierté que je déclarais ouvertement mon athéisme et que je « distribuais » à la moindre occasion des blagues grivoises sur tout ce qui concernait Dieu.

Je dois cependant reconnaître que lors de l’apprentissage du catéchisme, j’ai reçu des "pères franciscains" à Bègles (très ancienne banlieue communiste) un enseignement de qualité sur les évangiles, qui plus tard reviendra dans mon esprit…

Cependant, quelque chose m’interpellait en permanence…les couleurs et les formes de la nature, la diversité des insectes et l’immensité de l’univers. C’est tout ...Rien sur la mort…peu sur la vie !

A l’adolescence, j’ai eu assez tôt le désir de réussir ma vie dans une perspective stable : un bon travail, une famille stable et quelques enfants. A l’époque c’était un projet tout à fait banal !

Jusqu’à 16/17 ans j’ai eu du mal à comprendre que pour avoir tout ça, il était préférable de bien travailler à l’école. Or, une crise de « flémingite aigue » m’avait déjà gagnée lorque j’ai dû commencé à avoir de difficultés en seconde . Heureusement, je me suis réveillé et changé mon orientation scolaire en terminant mes études dans une voie plus technique qui m’a amené vers un BTS d’électronique réussi en 1962 (année de sa création), ce qui à l’époque devait aboutir sur un très bon métier…

Voilà pour le cadre familial !

Après plusieurs années , travaillant en région parisienne à Malakoff chez THOMSON-CSF, j’ai été envoyé en déplacement à l’ECAN de Ruelle (16600). J’ai ensuite rencontré ma femme que j’ai épousée en 1967 à Angoulême. J’avais 25 ans.

Là, je vais entamer la phase où Dieu a commencé à me travailler le cœur…

Ma femme Françoise était enseignante, moi je bénéficiais de frais de déplacements très confortables qui « doublaient » mon mois, et nous avions à l’époque des revenus que peu de jeunes avaient.

Née dans une famille « catho » et pratiquante, Françoise avait cessé d’aller à la messe après notre mariage et je me rendais bien compte que mon athéisme ne l’y incitait pas beaucoup…

J’ai donc voulu faire un effort en lui disant que si j’avais cessé la pratique religieuse, je ne voulais pas être la cause d’un recul sur sa « faible foi »…

Donc, j’ai décidé de faire un effort personnel à la recherche de la foi, et nous nous sommes mis à aller à la messe…

D’abord au Sacré Coeur à Soyaux où le milieu social me paraissait moins « mondain » qu’à la Cathédrale ou à l’église Saint-Martial où nous nous étions mariés…

Là… , grosse déception car dans son homélie le prêtre recommandait à ses ouailles «  de ne pas donner d’argent au clochard qui se tenait à la porte de l’église et qui l’utilisait pour boire. ..

Pour moi cette recommandation m’a parue « indigne d’un homme de Dieu »…J'ai toujours pensé qu'il ne fallait pas juger "la main tendu d'un malheureux"...

Une autre anecdote plus amusante et plus « interpellante » s’est passée dans une autre église.

Là, j’avais dit à mon épouse, nous allons aller dans une église de campagne…dans nos racines rurales…loin des « bourges » …peut-être trouverais-je la graine qui fera germer la foi ?!!

Et nous voilà parti à Tourtoirac en Dordogne dans une toute petite église de campagne.

Nous sommes arrivés dans cette église dans une tenue «bien mise» qui certainement a dû  nous faire paraître comme des « jeunes aisés » au milieu de toute cette population de campagne nous observant et se sentant obligée à montrer un bon exemple et bien se tenir…

 

Donc arrivés environ ¼ d’heure avant la cérémonie, l’église se remplit peu à peu jusqu’au moment où juste avant le commencement de la messe…UN CHIEN ENTRE DANS L’EGLISE …et ne veut plus en sortir !

Le problème c’est que ce chien complètement affolé allait de chaise en chaise pour trouver un peu d’affection…et en retour tout le monde lui mettait «son coup de pied au cul » …pour qu’il s’en aille !

Même à l’égard d’un chien, cette attitude m’a déplu, et j’ai formulé une prière vraiment sincère dans mon cœur : « Mon Dieu, si ces gens savaient combien moi-même je ne suis pas à tes yeux plus brillant que ce chien… mais si vraiment tu existes, fais que ce chien vienne vers moi ….et moi je ne lui ferai pas de mal...je te le promets..et même que personne ne pourra le faire sortir ! » 

J’avais pris sans le savoir la position du « publicain qui se frappe la poitrine » ( à lire dans l’évangile de Luc 18/13). Position qui ne manque pas de faire «descendre la bénédiction» de Dieu.

Vous pensez certainement que les animaux «ont le sens  naturel» de ce que veulent les hommes à leur égard, mais toujours est-il que ce chien qui était loin, est rapidement venu vers moi et s’est couché sous ma chaise…

Les enfants de chœur sur les ordres du «curé fâché» sont venus me demander à le faire sortir…et moi de répondre «  NON… il reste là à côté de moi et il est sage !!! ». C’est ainsi que la messe a pu commencer…

Ainsi lorsque le prêtre nous invitait à se lever, le chien mettait gentiment sa tête sur la chaise pour voir ce qui se passait…et lorsque je m’asseyais...il se remettait sous la chaise avec un regard reconnaissant... J’étais heureux.

Cette expérience m’a réellement interpellé et pour la première fois je considérais que Dieu avait répondu à ma prière avec en plus un pied de nez au formalisme religieux.

 

Puis un jour ma femme est devenue enceinte de notre premier fils.

Un soir alors qu’elle était partie se coucher se trouvant fatiguée, je me suis mis à réfléchir  seul dans le canapé sur le parcours que j’avais eu jusqu’à lors.

Je réalisais qu’à mon âge, peu de jeunes avait la chance d’avoir ce que j’avais déjà et qui correspondait tout à fait à mes désirs de jeunesse…Un foyer serein, une gentille épouse, des moyens assez conséquents pour subvenir à nos besoins…et bientôt notre premier enfant. Mais tout à coup, très brusquement ma réflexion a tourné «à la panique »…ou tout au moins à un fort moment de déstabilisation et un grand trouble.

En effet, j’avais tout ce que je désirais..et cependant je ressentais un grand vide au fond de moi …et un vide qui m’a paru immense ! «mais comment, pensais-je en moi-même…comment tant de personnes pensent qu’il suffit, pour être heureux, d’avoir une bonne situation, un foyer agréable, une femme aimante, des enfants…et moi j’ai tout ça et je suis en train de réaliser que mon cœur est plus vide que jamais ??.. » Comment est-ce possible de vivre un tel moment !

Et c’est alors…vous pouvez me croire…je ne rajoute rien à la vérité de ce qui s’est passé…une voix indescriptible, comme si ma conscience me parlait mais avec un relief qui m’a impressionné…(on peut dire que c’était comme si j’avais entendu avec les «oreilles de mon cœur») …cette voie m’a parlé en disant «Ce que tu viens de découvrir est juste, et les choses de la vie sont en effet comme la fumée autour des doigts du fumeur , on ne peut pas la retenir…et elle s’enfuie sans laisser de traces…Mais dans quelques jours tu vas apprendre une grande nouvelle qui va changer ta vie ! » ………………………….Terminé ( précision: je fumais !)

Ce qui m’a le plus surpris, c’est que c’était «comme un dialogue avec quelqu’un »…mais avec qui ?...

Une grande joie s’est alors emparée de moi, car j’entrevoyais une nouvelle perspective pleine de promesses. Cette joie a duré quelques minutes, puis je suis allé me coucher.

La chose la plus extraordinaire, c’est que j’avais conscience qu’un moment très particulier venait de se passer mais je ne faisais aucun lien avec Dieu. Pour moi c’était une «extralucidité  momentanée»  qui venait de moi..et le Diable me l’a fait vite oublier ! 

Or, quelques jours plus tard peut-être 3 ou 4 jours, alors que je travaillais dans un labo d’électronique comme agent technique principal, un technicien en difficultés avec ses équipements m’appelle pour l’aider, ce que je fais avec une gentillesse qui semblait je dois le dire reconnue par tous. Je dépanne donc mon gas… et celui-ci se met à me dire : «Vous avez beaucoup de chance... car vous avez reçu beaucoup de talents et vous ne paraissez pas bien malheureux dans votre vie .. !!!  Mais cependant , il vous manque quelque chose …Hé quoi donc, lui répondis-je ?   LA FOI ...qu’il me dit !

Oui d’accord c’est vrai , je n’ai pas la foi..mais comment la trouver ?

EN LISANT LA BIBLE qu’il me répond .

Et c’est alors que j’ai pu faire immédiatement le lien avec ma soirée de réflexion dans mon canapé…J’ai compris à cet instant que Dieu m’interpellait.

Les mots que j’ai écris en gras sont arrivés comme ça, très lourdement, sur ma tête ..c’est à dire avec beaucoup de force et de conviction.

Ce technicien qui était chrétien protestant pentecôtiste, m’a donc offert une bible que j’ai lue avec beaucoup d’attention.

Le miracle pour moi s’est produit lorsque j’ai lu ce livre en commençant par les évangiles selon sa recommandation, et qu’à ma grande stupeur, tout ce que je lisais me paraissait vrai et recevable..Même la vierge «enceinte par le Saint-Esprit» ne m’a pas posé de problème.. !! Même chose avec les miracles de Jésus…Il avait le pouvoir divin…Il agissait !

C’est que le Saint-Esprit m’avait touché…et que je venais en fait de recevoir la «Vrai Foi» que Dieu donne à ceux qui cherchent et qui sont sincères..Une  foi qui ne demande pas d’effort et qui aide à comprendre les écritures sans «questionnement parasite du diable ».

Cette foi que j’ai reçu ce jour est restée intacte depuis plus de 45 ans maintenant ! 

Ensuite bien sûr, je continuais à lire le Bible seul et je comprenais ce que je lisais jusqu’au jour où j’ai eu quelques difficultés dans certains passage des épitres de St Paul.

Alors j’ai répondu à l’invitation de mon ami  et j’ai commencé à assister à des réunions.

Au cours du mois de juin 1968, je reçu le baptême par immersion et un an plus tard, en prière dans une forêt… le baptême dans le Saint-Esprit… 

Plus tard, pendant 32 ans je suis devenu un acteur reconnu par les différents mouvements protestants que j’ai fréquentés dans toutes les villes où nous avons vécu ma famille et moi. En tant que laïque et ancien, j’ai prêché souvent en chaire, parfois devant de larges auditoires…et j’ai l’impression que les gens appréciaient ce que je disais parce que je m’efforçais de rester concret et simple comme l’avaient été ces simples apôtres pêcheurs que Jésus Christ avait choisis pour fonder son Eglise. Non, Jésus Christ pour fonder Son Eglise n’a pas été vers les docteurs de la loi et les souverains sacrificateurs  qui servaient au Temple de Jérusalem. Il a choisi de simples hommes auxquels Il a donné «Son Pouvoir».

J’ai eu dans diverses églises des responsabilités importantes au sein des conseils presbytéraux, qui m’on montrées entre autres que l’une des principales préoccupations des églises étaient forcément l’argent dans la caisse pour faire face aux dépenses qui sont bien sûr nombreuses (salaire du pasteur, location entretien des locaux ou achat de salles, frais de fonctionnement etc…).

Je me rendais bien compte que nos préoccupations nous plaçaient bien loin de celle de l’église primitive qui après la destruction du temple de Jérusalem se réunissait simplement dans les maisons. Ils vivait ainsi de grandes expériences avec un minimum de fais de fonctionnement et une disponibilité totale pour des œuvres simples.

En 1997, dans le cadre de mon travail, je suis parti en Amérique du nord pour une mission d’un an.

J’ai visité à cette occasion des églises américaines et canadiennes. Et là encore j’ai pu voir des églises très rutilantes et organisées en véritables entreprises avec parfois de très lourds budgets...Je me suis interrogé sur la charge financière qui devait peser sur les fidèles pour entretenir un tel luxe…

Je me suis senti mal en voyant cela, même en observant la ferveur souvent très sincère des participants.

On est loin de la simplicité des apôtre auxquels le Christ avait dit «Vous avez reçu gratuitement ...donnez gratuitement !»

De retour en France j’en ai fait part à mes «frères» et je crois que mon discours n’a pas été compris…

Depuis l’année 2000  je suis en retraite, et à la suite de plusieurs déceptions inutiles d’évoquer, je ne fréquente plus les églises structurées et me contente de donner un coup de main par un courrier ou une exhortation verbale à tous ceux que je croise dans mon cercle de mouvement de voisins et d’amis!

Comme je le dis l’Eglise de Jésus-Christ est ouverte 7/7 jours et 24h/24 ! Pas seulement le dimanche !

Je dois dire que Dieu par son Esprit ne m’a pas abandonné, et je crois même qu’il me confie un «ministère» utile et tout à fait à ma taille…  

Voilà chers amis ce qu’il s’est passé entre moi et Dieu ! 

En conclusion,  je recommanderai de vous mettre à l’aise en toute simplicité avec Notre Dieu, réalisant avant tout que nous sommes tous des « pêcheurs » limités et imparfaits même avec une santé parfaite …et qu’il nous faut un miracle dans notre vie pour nous remettre debout et laisser pénétrer en nous l’esprit de Dieu capable même de ressuciter les mort… 

« Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens » ( Mathieu 6/7-15) 

« Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Mathieu 6/6) 

« Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » ( Mathieu 7/21) 

Bonnes méditations ! Rigolant

 

Jean-Marie